du bois vieux de 2000 ans pour la déco des surfs JABALI

ENGLISH INTERVIEW BELOW

Un grand bonhomme bien charpenté, le visage à demi caché derrière une barbe fournie s’avance vers toi et t’adresse  la parole dans un anglais parfait, teinté d’un petit accent hollandais : eh mec tu veux un autocollant ? Une grosse main de menuisier te tend un sticker à l’effigie d’un sanglier bleu dans un style de bande dessinée.

Je fabrique des planches de surf artisanales en bois. Veux-tu y jeter un œil ?

JOB VERPOORTE, c’est son nom, fonctionne ainsi. Profitant de sa passion communicative pour aborder les surfeurs dans les parkings des spots de vagues, le colosse hollandais vivant à Bruges ne rate pas une occasion de faire connaître ses créations. Les échanges peuvent vite s’étendre sur des heures quand l’insolite shaper se met à vous parler. Le « gaillard » est intéressé par tous les sujets si bien que lors de notre première rencontre dans un village retiré de Galice nous avons fini par discuter longuement de la vie en Suisse et du fonctionnement de notre bonne vieille Confédération Helvétique. Cette saison le hasard me fit le rencontrer à nouveau en Asturie après une fabuleuse session de surf. Je me décidais donc à le prendre comme centre d’intérêt de mon traditionnel article estival, traitant comme d’habitude, de shapers (créateurs de planches de surf) hors du commun et gravitant loin des standards de l’industrie.

rencontre avec Jop... http://www.jabalisurfboards.com/jabali%20wooden%20surfboards.htm rencontre avec Jop

Faisons donc sa connaissance  .

DPM Snowshop :S

* Comment un Hollandais vivant en Belgique devient-il shaper à  100 km des vagues ?

Job Verpoorte :

Haha, c’est une fausse idée de croire qu’il n’y a pas de vagues aux Pays Bas. Nous sommes à côté de la mer du Nord qui « produit » des vagues décentes deux fois par mois ; nous avons juste besoin de plus de volume et moins de rocker dans nos planches pour compenser le manque de puissance de la houle. J’habite à Bruges qui se situe à 15 km de la plage. En cas de houle annoncée je prends mon longboard et suis dans l’eau en 30 minutes. Et si vous aimez le kitesurf, sachez que certains des meilleurs riders et spots se trouvent aux Pays-Bas. Avec beaucoup de jours venteux, le kitesurf est un sport important ici, c’est pourquoi je construis aussi des kitesurfs sans straps et des foilboards.

Je suppose que je suis devenu shaper quand j’ai décidé de faire de mon loisir ma profession. C’était après les premiers tests de planches, lorsqu’un ami espagnol est sorti de l’eau avec un grand sourire. « C’est bon, vraiment amusant, super rapide. Puis-je réessayer demain ? » J’étais stupéfait de voir comme il surfait cette planche, cutbacks, hacks, floaters et tubes. Je réalisais que ma vie en tant que shaper pouvait fonctionner.

jabali surfboards
test de planche Jabali en Espagne

DPM Snowshop :

* Tu ne fais que des planches en bois … pourquoi ce choix? Quels sont les avantages ?

Job Verpoorte :

J’aime travailler le bois ! C’est un matériau vivant qui doit être façonné différemment à chaque fois pour obtenir un bon shape. Les planches en bois se surfent bien, sont belles et bien meilleures pour notre environnement.

Je construis mes planches pour durer toute une vie. Le bois ne se détériore pas comme la mousse, il est plus résistant, ce qui permet à la planche de supporter des conditions plus rudes. Le bois a un flex naturel, une « réponse » naturelle à la pression appliquée. La perception de la beauté est évidemment subjective, mais la première réaction de la plupart des gens est de toucher la board, de sentir sa beauté… Et en utilisant du bois issu de cultures durables et de la résine époxy écologique, je suis l’un des 15 fabricants actuellement agréés avec le statut « Niveau d’or» par Sustainablesurf.org, ce qui signifie que mes boards sont parmi les plus écologiques au monde.

location skis les diablerets

Le poids des shortboards en bois est une question souvent discutée. Mes shortboards pèsent généralement 0,5 à 1 kg de plus qu’une planche similaire en mousse de 5 pieds, qui pèse entre 2,5 et 3kg. La différence de poids n’est pas tant due au bois, qu’à ma réticence à faire des compromis sur la résistance de la planche, à réduire l’épaisseur des couches de bois ou à réduire la quantité de fibre de verre.

Honnêtement, j’estime que la discussion sur le poids n’est pas un problème pour les surfeurs autres que les compétiteurs, et il était rassurant d’entendre le surfeur espagnol Aritz Aranburu dire exactement la même chose lors de notre rencontre à la Pantin Classic cette année. Lorsque je construis des fishs, des mid-sizes et des longboards, les types de planches que j’aime le plus, la différence de poids n’a plus d’importance.

dpm snowshop les diablerets
Jabali fish tail

DPM Snowshop :

* J’ai entendu dire que tu utilises des bois très spéciaux dans tes créations …peux-tu nous expliquer un peu tes idées et l’origine des bois ?

Job Verpoorte :

Je construis des planches de surf creuses en bois et des planches de kitesurf et de foil en mousse-core-wood-shell. Le bois de balsa est le matériau de base, car c’est le plus léger disponible. Il offre également le meilleur rapport poids / résistance, ce qui signifie qu’il en faut moins pour une board de même résistance.

Pour améliorer les planches de manière fonctionnelle ou esthétique, j’utilise d’autres types : bois de « wenge » extra-dur et résistant à l’eau de mer pour protéger les extrémités du nose et du tail, en particulier sur les fishs, bois ayous sur les ponts de kitesurf pour ajouter de la dureté et éviter les bosses dues aux coups de genou et de talon. Pour l’esthétique, j’emploie de l’agave multicolore, du cèdre « fiery » et de l’aulne orange pour décorer les extrémités des planches et pour les ailerons glacés.

wood surfboards les diablerets

Récemment, j’ai mis la main sur un morceau de chêne ancien de l’équipe d’archéologie de Roulers en Belgique. Le bois extrêmement dur et noir sentait le marais. Inspiré par les techniques japonaises du yosegi, je l’ai utilisé en marqueterie avec du balsa et un placage de frêne. La marqueterie en chêne vieille de 2000 ans, datant de l’époque romaine, décore maintenant un shortboard 5’11 « flyin’ pyama » et un 6’6 « tombstone ». Le nec plus ultra en matière de recyclage, haha.

location snowboards glacier3000
bois vieux de 2000 ans inséré dans un tail…

DPM Snowshop :

* Comment as-tu appris l’art du shape ? Es-tu autodidacte ou as-tu été formé par un ou plusieurs gourous ?

Job Verpoorte :

Je suis ingénieur de formation et j’occupais jadis un poste exigeant en tant que directeur dans une firme d’ingénierie. Pour me détendre, j’ai suivi des cours du soir sur l’artisanat du bois, qui étaient très divertissants et m’ont permis de réaliser ce que j’aime vraiment : l’ingénierie et la création d’objets d’art fonctionnels.

En deux ans, je maîtrisais les bases du façonnage du bois, mais ne voulais pas me lancer dans la fabrication de meubles et de cuisines. Ensuite, j’ai vu un épisode de « Growing », une série sur youtube avec le surfeur irlandais Fergal Smith, dans laquelle il surfait une planche en bois. Soudain, les choses se sont connectées – surf, artisanat sur bois – et je me suis dit que j’allais me construire ce jouet.

ski vermietung les Diablerets

Après avoir travaillé avec un constructeur de bateaux local qui a collé, façonné les rails et glacé une planche de bois, j’en voulais plus ! Cette première planche était un beau « monstre » de cèdre, lourd et sans forme, mais il flottait et je pouvais prendre de petites vagues. Alors je me suis installé dans mon jardin, j’ai acheté du balsa, des outils et j’ai commencé, tout d’abord pour moi-même, ma famille, puis pour des amis. La construction s’est améliorée, plus résistante et plus légère, avec des formes plus raffinées.

Je m’inspire de divers shapes, célèbres ou inconnus, en y apportant mes connaissances et mes idées. Depuis que je construis des planches personnalisées, le véritable défi consiste à faire correspondre la board avec le rider et la vague. Je teste moi-même la plupart des planches pour voir comment elles fonctionnent. D’autres surfeurs les testent autant en mer du Nord que dans les puissantes vagues de l’Atlantique, partageant leurs sentiments et leurs expériences.

wooden surfboards Jabali
vieux bois (2000 ans) inséré dans le nose

Je suis un shaper autodidacte. Mais tu ne peux pas, ou ne devrait pas fonctionner dans ta propre bulle pendant trop longtemps. Je présente régulièrement mes créations à deux shapers réputés et visite souvent des ateliers de shapers étrangers lors de mes voyages. Ils me disent ce qu’ils aiment et ce que je devrais améliorer. Il est bon d’avoir des retours et d’apprendre.

DPM Snowshop :

* Vis-tu uniquement de la vente de tes planches ou as-tu un travail en parallèle ?

Job Verpoorte :

Jabali occupe 100% de mon activité, car c’est le seul moyen d’atteindre mon but. Il y a tant à faire ! Construire, modeler, expérimenter, surfer, filmer, enseigner, promouvoir, créer des réseaux. En fait, je consacre plus de temps à ce travail qu’à mon précédent emploi, haha. Je ne peux pas vivre simplement de la vente de mes planches pour l’instant. Il me faudra encore un peu de temps avant d’y arriver.

bruges surfboards jabali

DPM Snowshop 

* Quels moyens utilises-tu pour faire connaître ta marque et pourquoi un sanglier comme logo?

Job Verpoorte :

Quand j’ai commencé, un shaper expérimenté m’a dit que faire de bonnes planches ne représentait qu’une petite partie du travail et qu’il était indispensable de passer beaucoup de temps en promotion. En effet, en tant que petite marque au budget limité, il faut bien des efforts pour faire connaître sa fabrication. J’aime promouvoir, raconter des histoires et rencontrer des gens. Et celà porte lentement ses fruits en gagnant le respect des autres shapers et surfeurs.

Il y a divers moyens pour promouvoir les planches de surf Jabali. Une page web, des médias sociaux, des t-shirts, une boutique en ligne, des entretiens, des expositions, des séances photos et vidéos. Je participe à un programme de promotion et de stimulation de l’artisanat dans ma ville natale, Bruges, et je suis un shaper d’écoboards qui consacre du temps à informer les gens sur le « surfcraft  écologique ». Je sponsorise une poignée de riders de teams, ce qui est très amusant et permet de faire passer le message.

les Diablerets

Chaque année, je fais une tournée estivale de promotion avec mon van, visitant des spots de surf, des écoles, des festivals et des firmes. Au cours de cette virée, je rencontre beaucoup de gens, leur explique mon travail et leur fait tester mes planches en bois. L’escapade prend quelques mois et m’aide à sortir de ma bulle. C’est vraiment bien. Cette année, j’ai également tourné une série de courtes interviews en vidéo, demandant aux gens pourquoi ils surfent et comment ils envisagent l’avenir de ce sport. C’est une recherche de l’âme du surf et une vision pour son avenir.

En ce qui concerne le nom et le logo avec le sanglier, le Jabali c’est un concept et une expression utilisée dans les Asturies. Vous pouvez boire comme un Jabali, manger comme un Jabali et surfer comme un Jabali. Cela signifie que vous êtes passionné par votre activité. Là-bas,en Asturie, il m’ont traité de Jabali et quand j’ai dû chercher un nom pour mes planches de surf, il était tout trouvé.

jabali wooden surf
finitions top et matériaux nobles

DPM Snowshop 

* Depuis quand shapes-tu et où est ton atelier ?

Job Verpoorte :

J’ai construit ma première planche il y a 6 ans et j’ai fondé Jabali Surfboards il y a 3 ans. Actuellement, je travaille dans un petit atelier au centre de la belle ville de Bruges. Je commence lentement à chercher un autre endroit, ce qui me permettrait de construire plus de planches. J’aimerais pouvoir en produire 25 par année. Je pourrais ainsi tout faire moi-même et de garantir un niveau de qualité élevé.

surfboards jabali
vis de décompression pour éviter l’écrasement durant les transports en avion

Merci pour votre lecture. Toute l’équipe du DPM Crew se réjouit de vous retrouver cet hiver et de vous présenter notre nouveau projet FOREST SKIS.

Ci-dessous les liens pour nos articles précédents à propos de shapers originaux.

GUETHARY SURFBOARDS : https://diablerets-pm.ch/2017/10/25/3573/

FERRARA SURFBOARDS : https://diablerets-pm.ch/?s=FERRARA

VINCE SURFBOARDS : https://diablerets-pm.ch/2016/07/25/2469/

SPOTNIK SURFBOARDS : https://diablerets-pm.ch/2013/09/09/art-isan-de-la-glisse/

ENGLISH VERSION :

A tall, well-built man, his face half-hidden behind a stubble beard, walks toward you asking in perfect English, tinged with a little Dutch accent: « Hey, you want a sticker? » He hands the pic with the effigy of a blue boar designed in a comic strip style.

I build wooden surfboards. Do you want to take a look ?

JOP VERPOORTE, that’s his name, works like this. With his charming easy way he approaches surfers in the parking spots. The Dutch colossus living in Bruges does not miss any opportunity to make his creations known. The exchanges can quickly extend for hours when the talkative shaper starts chatting with you. The guy is interested in all kind of subjects so that during our first meeting in a remote village in Galicia we ended up discussing at length about life in Switzerland and the functioning of our good old Helvetic Confederation. This summer I was lucky to meet him again in Asturias after a fabulous surf session. I decided to report about our discussion and elect it as the subject of my traditional summer article, as usually describing original shapers (creators of surfboards) working far from the ordinary indus

* How does a Dutchman who lives in Belgium become shaper at 100 km from the waves?

Haha, it is a common misconception there are no waves in the Low Lands. But we are next to the North Sea, which produces decent waves a couple of times a month; you just need more volume and less rocker to compensate for the lack of power in the waves. I live in Bruges at 15km from the beach and if it is on, I grab a longboard and am in the water within 30 minutes. And if you are into kiteboarding, you will know some of the best riders and surfspots are in The Netherlands. With plenty windy days, kiteboarding is a big sport over here, larger than wavesurfing, which is why I also build strapless kitesurf and -foilboards.

I suppose I became a shaper when I decided to turn a hobby into a profession. That was after the first board tests, when a Spanish friend came out of the water with a big smile. « This is good, really fun, super fast. Can I try tomorrow again? » And I was flabbergasted about how he surfed the board, my board, – the cutbacks, hacks, floaters and barrels – and realised life as a shaper might work.

* you only make wooden boards … why this choice? what are the benefits do you think?

I love working with wood! It is a living material which needs to be massaged differently each and every time to get a good shape, to build a proper board. And wooden boards surf well, they look good and they are a lot better for our environment. 

I build my boards to be durable, to last a lifetime. The wood does not deteriorate like foam, it is stronger which makes the board capable of handling harsher circumstances and wood has a natural flex, a natural response to pressure applied. Perception of beauty is obviously subjective, but most people’s first reaction is to touch the board, feel it’s beauty. And by using sustainably grown wood and ecofriendlier epoxy, I am one of the currently 15 shapers accredited with a ‘Gold Level’ status by sustainablesurf.org, which means my boards are amongst the most environmentally friendly boards worldwide.

An often discussed issue is the weight of wooden shortboards. My shortboards are typically 0.5-1kg heavier than a similar 5′-something foam board, which weights 2.5-3kg. The difference in weight is not so much because of the wood, but my unwillingness to compromise on the strength of the board, to reduce the thickness of the woodlayers, or reduce the amount of fiberglass. 

Honestly, I consider the weight-discussion a non-issue for surfers other than competition-surfers, and it was reassuring to hear Spanish pro-surfer Aritz Aranburu say exactly the same when we met at the Pantin Classic this year. Most important is that the weight difference disappears and the discussion evaporates, when building fishes, mid-size and longboards, the kinds of boards I most enjoy buiding.

* I let you understand that you used very special woods in your creations … can you explain to us a little the idea and the origin of the woods?

I build hollow wooden wave-surfboards and foam-core-wood-shell kite-surf- and -foilboards. Balsa wood is the base material, as it is the lightest wood available. It also has the best weight-to-strength-ratio, which means you need less of it compared to other kinds of wood to build a board of the same strength.

To improve boards functionally or esthetically, I use other kinds of wood. Superhard and seawaterproof wenge wood to protect the nose- and tail ends, particularly on fishes, ayous wood in kite-board topdecks to add hardness and prevent knee and heel dents. To add beauty I have used multicoloured agave, fiery cedar and orange alder to decorate the ends of the boards and for glassed-on fins. 

And recently I got my hands on a chunk of ancient oak from the archeology team in Roeselare, Belgium. The wood smelled like swamp and turned extremely hard and black. Inspired by the Japanese yosegi techniques, I used it in a mosaic adding balsa endgrain, ash veneer. The mosaic with 2000-year old oak from a Roman settlement now decorates a 5’11 » flyin’ pyama shortboard and a 6’6″ lebrouhaha tombstone. An ultimate in re-use, haha.

* how did you learn the art of shape? is you self-taught or did you learn from one or more gurus?

I am an engineer by education and previously had a demanding job as director in an engineering firm. To relax the brain I followed evening classes woodcraft, which were a lot of fun and made me realise what I really enjoy – engineering and creating functional pieces of art. 

After two years I was familiar the basics of woodcraft, but did not want to start making furniture and kitchens. And then I saw an episode of ‘Growing’, a youtube series with Irish surfer Fergal Smith, in which he rode a wooden board. Suddenly things connected – surfing, woodcraft -, and I had to build this toy, a wooden surfboard myself.

After a workshop with a local boatbuilder glueing up, shaping rails and glassing a wooden board, I wanted more! This first board was a beautiful cedar monster; heavy, out-of-shape, but she floated and I could ride small waves with it. I set-up shop in my garden, bought balsawood and piles of tools and started off. First for myself, my family, then friends. The construction got better, stronger and lighter, shapes more refined. 

I find inspiration in other shapes from both famous and unknown shapers, using well known concepts and shapes, understand the essence of their design and then add my knowledge and ideas. Since I build custom boards, the real challenge is in matching the board with the rider and the waves. I ride most boards myself to see how they work, if they work as intended. And other surfers ride and test the boards both in the sloppy waves of the North Sea and the powerful breaks of the Atlantic, sharing their feeling and experiences.

To answer your question – I am a self-taught shaper. But you cannot, or should not operate within your own bubble for too long. I therefore head out to show and discuss my shapes with two topnotch local shapers and regularly hop into a workshop of foreign shapers when travelling. Fellow shapers are kind and fair, telling me what they like and what they think I should improve – it is always good to get feedback and learn. 

* do you live solely on the sale of your boards or do you have a job in parallel?

I dedicate 100% of my time to Jabali, because that is the only way this may turn into a success. And there is so much to do! Building, shaping, experimenting, surfing,  filming, teaching, promoting, networking, formalities. I actually spend more time on this job than in my previous one, haha. I cannot live of just selling boards yet; it needs time and will come eventually.

* What means do you use to make your brand known? Why a wild boar as a logo?

When I started an experienced shaper told me making good boards is only a small part of the work and recommended to spend a lot of time on promotion. And indeed, as a small brand with limited budget, it takes a lot of effort to build a name, to become known. I enjoy promoting, telling stories and meeting people. And it is bearing fruit, albeit slowly, on the one hand earning valuable respect of fellow shapers, and on the other to become known as a high quality shaper amongst surfers. 

There is a whole bag of means to promote Jabali Surfboards. A webpage, social media, t-shirts, webshop, interviews, exhibitions, photoshoots and videos. I take part in a program to promote and stimulate handcraft in my hometown, Bruges, and am a ‘Gold Level’ ecoboard shaper dedicating time to inform people of ecofriendlier surfcraft. I sponsor a handful of team-riders, which is a lot of fun and helps spreading the word. 

And every year I make a summer-promo-surf-tour with my van, visiting surfspots, -schools, -festivals, and -houses. During the tour I meet plenty of people, tell and show them my work and they can ride and test the wooden boards. The tour takes a few months and helps me get out of my bubble, touch base and inspiration. It is really, really good. This year I also shot a series of short interviews on video, asking inspiring fellow surfers why they surf and how they look at the future of surfing. A search for the soul of surfing and a vision for the future.

As for the name and logo with the wild boar, the Jabali; it is a concept and word picked up in Asturias. You can drink like a Jabali, eat like a Jabali, and surf like a Jabali. It means that you pursue these activities focussed, passionate and strong. After a while they were also keen to point out that I was a Jabali. It stuck and when I had to come up with a name for my surfboards, it was an easy pick.

* since when do you shape and where is your workshop?

It has been 6 years since I built my first board and 3 years since I started Jabali Surfboards. Currently I shape in a small workshop in the centre of beautiful Bruges. As business grows I slowly start looking for another place, which will enable me to build more boards in parallel. Eventually I want to produce 25 boards per year, which is the number that allows me to do everything in-house, by myself, and guarantee the high levels of quality that I maintain.

Thanks folkes for reading. Links to the articles about shapers published on the previous years are mentioned just above, at the end of the French version.

DPM Crew

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close